***½ Des hommes, par Laurent Mauvignier

Un roman âpre. Le mot est rarement accolé à un roman mais il décrit bien ce récit sombre, difficile.


Deux cousins ayant fait l’Algérie. Leur rancœur couvait bien avant et aura survécu bien après. Mais voilà qu’elle ressurgit lors d’une fête. Et tout ce qu’ils auront tu, car «l’Algérie, on n’en a jamais parlé. Sauf que tous on savait à quoi on pensait lorsqu’on disait nous aussi on est comme les autres, et les animaux valent mieux que nous, parce qu’ils se foutent pas mal du bon côté».


Pour dire la souffrance du souvenir, l’écrivain recourt à un procédé qui rend la lecture difficile : phrases incomplètes, répétitions, retours. L’histoire se compose peu à peu, et le lecteur doit faire un effort pour remettre en place les pièces du casse-tête. Car l’auteur s’attache d’abord aux sentiments, aux émotions. Un roman âpre mais fascinant.


Mauvignier, Laurent. Des hommes, Minuit, 2009, 281 p.

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