Pour le "juste" (idée empruntée à Camus), l'humanité passe avant les idées.
C'est la position que défendait Gil Courtemanche dans sa chronique du Devoir (2002-2011).
Les Éditions du Boréal reprennent ici ses meilleurs textes. On appréciera cette langue toujours claire et vibrante, ces analyses fines, cette culture profonde. On regrettera la mort de ce pourfendeur de la langue de bois et des demi-vérités que nous assènent encore et toujours les riches et les puissants. Car hélas, le monde ne change pas beaucoup.
Courtmanche, Gil. Le camp des Justes, Boréal, 2011, 296 p.
Remarque: J'ai emprunté la version numérique de ce livre à BAnQ:
http://www.banq.qc.ca/ressources_en_ligne/livres-numeriques/index.html
****½ Monsieur
Lahzar, par Philippe Falardeau
Philippe
Falardeau a récolté de nombreux prix avec son dernier film : ils sont grandement
mérités. En racontant cette histoire d’un réfugié algérien qui devient
enseignant dans une école primaire suite à un événement dramatique, il a exploré
des thèmes graves avec beaucoup de justesse et de dignité : injustice,
violence, mort, responsabilité. À cela se greffe des moments plus légers, nés
de la différence culturelle. Le tout est enrobé d’une immense tendresse. Film
émouvant!
Avec Fellag et de jeunes interprètes criants de vérité (2011)
***½ L’homme blanc, par Perrine Leblanc
J’avais des attentes
très élevées face à ce roman abondamment encensé par la critique et
récipiendaire du Grand Prix du livre de Montréal 2010. Or j’ai été plutôt
déçue. Une fois libéré, Kolia se retrouve à Moscou où il devient un clown respecté. Les dirigeants se succèdent à la tête du pays mais cela influe peu sur le destin de Kolia, toujours à la recherche de son protecteur Iossif mystérieusement disparu. Son quotidien est meublé de quelques amitiés mais pas d’amour.
L'auteure dit s'être appuyée sur des documents historiques et des témoignages de survivants du goulag pour donner vie à son récit. Elle a choisi de s’intéresser aux faits plutôt aux émotions. Cela plaît à certains.
Leblanc, Perrine. L'homme blanc, Le Quartanier, 2010, 184 p.
**** La conquête, par Xavier Durringer
Dès les premières minutes on sait que l'on est devant un film peu ordinaire. Le Sarkosy qu'incarne Denis Podalydès est plus vrai que nature: même débit, même démarche, même gestuelle. Et quelle que soit l'opinion que l'on a du chef d'État, il faut reconnaître son sens politique profond.
Concentré sur les années 2002-2007 pendant lesquelles Sarkosy cherche à conquérir le pouvoir, le film démontre toute la stratégie déployée par celui-ci pour arriver à ses fins et celles de ses «ennemis» Chirac et de Villepin pour le contrer. On est surtout impressionné par le niveau de langue que les susnommés utilisent pour se dire les pires vacheries. Si on ne rit pas souvent, on sourit abondamment devant tant d'élégance!!!
*** La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, par Michel Folco
On ne reconnaîtra pas dans ce roman le Folco truculent des premiers livres. En fait, cet ouvrage est un peu à l'image du personnage principal: sérieux car bien documenté (citations du biographe Rosenbaum, de gens ayant connu Hitler et d'Hitler lui-même) et souvent ennuyeux (aucune fantaisie chez Adolf H.) La première partie, celle qui trace les origines et comment on est passé de Schicklgrube à Hiedler puis à Hitler, est la plus intéressante. Car il y a du Tricotin là-dedans.
Mais la suite dérange car on se demande comment un être aussi ordinaire, aussi peu ouvert aux autres, aussi égocentrique, a-t-il pu devenir le leader charismatique (hélas!) qui a mis le monde à feu et à sang.
Folco, Michel. La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, Stock, 351p.
Mais la suite dérange car on se demande comment un être aussi ordinaire, aussi peu ouvert aux autres, aussi égocentrique, a-t-il pu devenir le leader charismatique (hélas!) qui a mis le monde à feu et à sang.
Folco, Michel. La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, Stock, 351p.
****½ Charleston Sud, par Pat Conroy
Cette saga reprend les thèmes chers à Pat Conroy : la famille, l’amitié, la loyauté mais aussi la religion, le racisme, l’homosexualité, la pédophilie. Nous y suivons donc le destin du narrateur, Leo King dit « le Crapaud » à cause d’un physique plutôt ingrat, ainsi que celui de deux orphelins fugueurs, de jumeaux surdoués, d’un jeune couple de la haute société et d’un autre qui souffre des relents de la ségrégation raciale. L’auteur s’amuse à mêler les époques : 1969, l’année de leur rencontre, et 1989, alors qu’un événement tragique les oblige à faire front.
Pat Conroy est un habile conteur : en plus de nous mener d’un rebondissement à l’autre, il sait intégrer des événements connus à la trame de son récit. L’ouragan Hugo devient ainsi un personnage important auquel il accorde un chapitre tout entier : à couper le souffle! La ville de Charleston, avec ses odeurs et ses couleurs, est présente à chaque page; on sent l’amour que l’auteur porte à la ville de son enfance.
Seul petit bémol : le narrateur est presque trop parfait… Malgré cela, Charleston Sud demeure un grand roman!
Conroy, Pat. Charleston Sud, Éditions Albin Michel, 2009, 583 p.
**** Gerry, par Alain Desrochers
Je n'étais pas pas une fan d'Offenbach. Mais lorsque Gerry Boulet a sorti son disque éponyme, j'ai apprécié plusieurs de ses chansons. C'est donc sans beaucoup d'attentes que je suis allée à la projection du film. J'ai beaucoup aimé.
Le réalisateur a habilement mêlé les époques, certains les personnages et a réussi un coup de maître en confiant le rôle principal à Mario St-Amand. Quel artiste de génie! Car incarner cet être de passion qu'était Gerry Boulet constituait tout un défi, d'autant que ce dernier est encore présent dans nos mémoires. On y croit à chaque instant. Chapeau!
Avec Mario St-Amand (2011)
Le réalisateur a habilement mêlé les époques, certains les personnages et a réussi un coup de maître en confiant le rôle principal à Mario St-Amand. Quel artiste de génie! Car incarner cet être de passion qu'était Gerry Boulet constituait tout un défi, d'autant que ce dernier est encore présent dans nos mémoires. On y croit à chaque instant. Chapeau!
Avec Mario St-Amand (2011)
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